vendredi 9 avril 2010

Qui est Sylvain Raymond ??? (via @AnnJulieBeaulieu)

La première fois qu’on s’est vu, il m’a pris par la main et m’a fait danser. Ses pas me faisaient penser à un swing tranquille dansé dans le salon avec mon père; ça cassait pas mal avec le rythme suave et gluant du reste de la foule. Je l’ai trouvé délicat, et sensible. Je me suis dit qu’il devait être amer d’une autre époque, ou quelque chose comme ça. Un grand nostalgique qui fait valser les filles au lieu de les renverser. Ou pas pantoute.

J’étais tombée sur son blogue un peu par hasard, des mois plus tôt, en cherchant des mixtapes ou en googlant Jeff Lee, je sais pu trop. Y’avait ce gars, chauve, qui parlait de Bret Easton Ellis et qui voulait un peu devenir Victor Ward. Ça m’avait choqué. Je me disais que Montréal était don ben rempli de posers qui bloguent juste pour mieux se masturber sur leur image. J’ai continué à le lire, des fois en l’aimant mais souvent (plus qu’autrement) en l’haïssant.

Même aujourd’hui, je suis ambivalente à propos de lui. Y’a des jours où je me dis qu’il a réussi à intégrer parfaitement le moule de Victor Ward (lire ici Patrick Bateman, Paris Hilton ou encore Yupster): "le rien du tout enveloppé dans un veston Prada: la condescendance parfaite envers le naturel non parfumé." [@2yearstolive, 22 avril 2009]

Ces jours-là, je méprise toutes ses manœuvres pour magnifier sa propre personne, tous ses efforts pour stigmatiser sa crisse d’enveloppe dorée, sa façon de parler pour faire grandir le mythe autour de lui, ce mythe fabriqué de toutes pièces qui le rend, du coup, fade et pathétique. Je le trouve faux, lourd, suffisant et surtout, vieux.
Et d’autres jours, je me dis qu’il est seulement fasciné par ces self made person "qui ne doivent leur célébrité qu’à leur propre représentation." [@2years to live, 8 avril 2008] Qu’il est plus que ça. Qu’il a de l’âme et du talent. Qu’avant tout, il est comme moi. Il cherche à se représenter, à se définir. Qu’il veut exister. Qu’il a peur d’être seul. Qu’il a juste voulu jouer le jeu du faux et qu’il s’est un peu perdu dans l’exercice…

Ces jours-là, pour me convaincre, je me rappelle ses mains quand on dansait, elles étaient douces, chaudes et investies. C’est ma preuve qu’il est bien vrai. Et c’est tout ce qu’il me faut.

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