vendredi 6 novembre 2009

Meeting [@p.10]

— « En communiquant l’information correctement aux bonnes personnes, on met en branle un circuit de développement du trend qui saura en bout de ligne capable de s’extrapoler aux personnes désireuses de consommer la marque au quotidien. Pas par de la publicité ou du marketing, mais en invitant les leaders clés qui sauront transmettre l’information via leurs plates-formes sociales : Facebook, Twitter, les blogues. Pas parce qu’on leur aura demandé de le faire, mais parce qu’ils en auront eu le goût tout simplement. Et pour y arriver, de la première invitation lancée de manière personnelle entre quelques personnes, jusqu’à la soirée même où on présentera un line-up d’artistes capables de faire transpirer l’image de la marque, on communiquera le message [Puma] dans le bon langage, aux bonnes personnes, avec comme objectif final l’articulation convergente du principe de mode chez une cible de masse, via un public niche. Voilà pourquoi vous avez besoin d’un conseiller en communication ; et non d’un organisateur d’événement. » Mon pitch était terminé. C’était simple, pas trop compliqué, la vérité.

— « Donc si je comprends bien, tu veux gérer notre 45 000$ de budget pour organiser un party avec des hipsters qui vont inviter leurs chums sur Facebook. C’est cher payé. En plus, il faudrait engager des Dj que personne connaît », me déconcerta-t-elle. « Écoute, je vais être bien honnête avec toi, nous sommes en restructuration budgétaire de notre côté et ça sera pas facile pour moi de faire passer ce projet là à l’interne. Même si c’est bien intéressant tout ça, je n’ai pas l’impression qu’on voudra prendre une chance avec quelque chose de différent comme ce que tu proposes. Mais regarde, on a pris tout ça en note – mouvement de main vers la coordonnatrice qui s’est soudainement raidi, le dos droit, pour démontrer son assiduité évidente au travail – et on va se faire un petit meeting demain matin pour regarder tout ça à tête reposée. Ça te va ?»

— « Avez-vous vu le film 99 francs ? » demandais-je sur un ton visiblement condescendant.


— « Non, mais j’ai lu le livre » me répondit-elle sèchement pour sous-entendre qu’elle ferait tout en son possible pour dénigrer ma présentation au comité d’étude du projet.

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