lundi 12 octobre 2009

The Stepfather ou lorsque l'homme hyper-réel s'attaque au jeune homme (re)nouveau [via de la masculinté hyper-réelle]

Vous le savez peut-être (probablement pas [vraiment]): j'ai écrit un mémoire sur la représentation du mâle blanc au cinéma américain.

Avant d'élaborer plus en profondeur sur la sortie du film The Stepfather (remake d'un film à suites, daté de 1987), voici un rappel des pistes avancées par le mémoire en question.

De la figure monstrueuse: de l'homme-spectacle à l'hyper-mâle ou une tentative de définition de mon histoire secrète (Conclusion; pp. 108 à 110).

En développant l’archétype représenté du père de famille, nous avons illustré comment sa reconstitution, désormais monstrueuse, s’articulait nécessairement autour de son environnement tout aussi monstrueux : sa famille, son foyer. De la même manière, l’Autre devenait ultimement lui-même par intermédiaires représentés. Ce processus ne pouvait avoir qu’une finalité, celle de l’essoufflement du mythe de l’homme-spectacle reproduisant de la rhétorique en images suivant l’objectif hypnotique de cultiver du vrai à partir de référents perdus.

Or, vis-à-vis de sa reconstitution, l’homme-spectacle préféra lorsqu’il fut aculé au pied du mur, au pied de l’implosion de sa représentation, réaffirmer les valeurs fondamentales de sa constitution réellement perdue au travers le temps pour consciemment actionner, préserver le spectacle comme un outil de relations sociales pour les gens, mais par les images qui allait cependant évoluer par lui-même en quelque chose que seul un modèle simulé pouvait reproduire : du simulacre.

D’une masculinité spectacle, elle passe à la masculinité simulée qui, aidée par les différentes technologies médiatiques, pourrait continuer de se développer numériquement en une représentation plus vraie que nature pour potentiellement en arriver, car nous ne sommes toujours qu’à l’instant pivot, à un état de “strong hyperreality : a situation in which someone is unable to separate reality from illusion, truth from falsehood, original from copy.”

Ainsi, nous participons au débat sur la portée contemporaine de l’analyse psychanalytique en développant une méthode qui permet, grâce à l’utilisation d’une superposition momentanée dans le temps du contenu représenté à l’étude en relation simultanée avec le contexte de l’analyste. [...] suivant l’angle d’une utilisation nouvelle du genre dans le traitement psychanalytique en remplacement du spectateur type au cinéma.

Dirigé par et vers ma propre personne, la force de l’analyse, quoique personnelle et potentiellement biaisée, démontre la potentialité d’un retour sur soi-même au travers une série de représentations d’images en mouvement au sein d’un marché à l’écoute des tendances chez le spectateur/consommateur.

[...] Mais nous croyons, justement, ce parcours valable suivant l’optique du passage, du pivot d’une modernité à une postmodernité présentement en cours qui servirait de lien entre les différentes théories qui se regroupent tout de même autour de notions évolutives comme le dopplegänger et le concept de schizophrénie. [...]

[...] En faisant un retour historique par l’analyse psychanalytique, nous en arrivons pour l’instant d’un moment à saisir non seulement l’implosion du code mais l’impossibilité de notre système à reconstruire du sens nouveau à partir d’images nouvelles. C’est finalement cette impuissance qui nous fait croire en une perte de virilité chez l’homme occidental ; ne serait-ce qu’à la différence de re-créer et d’amplifier la (sur)création de faux-semblants illusoirement vrais et nouveaux genres.



The Stepfather: l'homme blanc vs le jeune homme blanc.

La bande-annonce du film The Stepfather roule désormais en boucle sur les différents crénaux à forte consommation 18-34 ans; débordement 12-17 ans.

En l'écoutant attentivement, le film semble me proposer mon retour à la maison: moi, jeune homme de la ville, aux valeurs plus libérales, qui profite des plaisirs de la chaire avec une jeune fille aux allures d'adolescente [via porno de type barely 18].

Mais un étranger, un homme plus vieux, aux valeurs plus strictes, qui porte la discipline en haute importance, veille désormais sur ma famille, sur ma maison, sur ma mère, sur ma nation.

Et cet homme refuse ma confrontation. Parce que cet homme n'est pas mon père; mais mon beau père. Mon père étant quelque chose d'autre, quelque chose à déterminer mais certainement plus utopique, et certainement encore plus hyper-réel.
Il est donc question ici d'une confrontation entre hommes où les femmes deviennent quelque chose qui doit être sauvée. Le Stepfather est donc un tueur en série, figure kitch du cinéma monstrueux car aussi ce qu'il y a en représentation, de plus normale [via la séquence finale du film 8mm est une bonne démonstration de la normalité de la monstruosité]. Le Stepfather pourrait être n'importe qui, car n'importe qui cache quelque chose malgré les apparences normales: mais mieux que n'importe qui, l'homme (post)moderne refoule tout en se dotant d'une image parfaite.

Jeunes, beaux et menaçants, le jeune garçon et le jeune homme doivent être éliminés. Tout juste avant l'apparition du titre du film, la bande-annonce ne nous montre-t-elle pas un jeune homme nu, devant un miroir duquel apparait le Stepfather qui poignarde maladivement la caméra subjective ???

Le film en veut à mon existence différente. On veut m'éliminer. Même si cet homme est une bonne personne, il mettra en danger ma mère et ma copine (je soupçonne une articulation diégétique trouble entre ce qui pourrait aussi être ma soeur). Si cet homme devait réussir à anéantir mon futur, ce ne serait que par ma faute, par mon impuissance à le combattre.

Serai-je capable ??? Ai-je le force de venir à bout de cet homme et de ces valeurs ??? Serai-je capable de prendre ma place par la force ???

La bande-annonce en version longue suggère que mon père est toujours dans le portrait. Viendra-t-il à mon secours ??? Et peu importe, que cela donnera-t-il en conclusion ???

Serai-je marqué à jamais par cette expérience ??? Serai-je moi-même tenté de reproduire la même articulation représentée ??? Resterai-je à la maison pour fonder une famille et prendre soin des valeurs familiales ??? Vais-je vraiment retourner en ville pour mener à nouveau ma vie de jeune homme urbain aux valeurs dévergondées ???



J'imagine un retour des choses à la normale. J'imagine que tout se termine comme cela devrait: que je remporte une victoire, et que cette victoire acquise par la violence n'aura aucun impact sur ma gestion de la normalité par la suite.

Bref, en (re)créant davantage d'hyper-réalité, étant moi-même monstrueusement enfant de cette même hyper-réalité qui me reconstruit, comme elle (re)créait le Stepfather, et qui me fait maintenat évoluer en quelque chose d'inexistant; mais représentable [via semblable].

4 commentaires:

Sara B-B. a dit…

L'autre, la cité, hyper-matérialisation. Toi, t'as été à Grasset.

Sly a dit…

Je plaide coupable.

Sara B-B. a dit…

J'ai reconnu le langage de Carlo Mandolini. C'est pas commun!

Sly a dit…

Mon mentor.

Mais bravo pour le rapprochement !