samedi 31 octobre 2009

Barry Lyndon: le premier yupster.

Barry Lyndon, comme le présente Rex Reed du New York Daily News, c'est l'ascension et la chute d'un charmant tricheur désireux de gravir les échleons sociaux.

Tout débute dans son village natal où il mène une vie normale avec une fille charmante quoique, elle aussi, normale.

Mais lorsqu'il s'aperçoit que sa bien aimée (pas vraiment) peut tout simplement tomber pour un officier de l'armée britannique, il comprend qu'il doit nécessairement devenir quelque chose d'autre, de plus grand, de plus important.



La route vers le sommet n'est pas simple. On tentera de lui barrer le chemin, de stopper son ascension.

Mais Barry comprend que sa représentation n'est pas parfaite. C'est grâce à un maître tricheur qu'il saisit l'importance de son apparence. Que cette dernière lui donnera accès aux gens du sphère différente.

Plus sophistiquée, plus élitiste: ce qu'il (re)cherche vraiment.



Marié, riche, célèbre: Barry vit le parfait bonheur (pas vraiment).

Il articule l'ensemble autour de sa personne devenue quelque chose comme ce dont il avait un jour rêvé. Il est en plein contrôle de sa représentation, de son univers.



Mais le rêve fait naître le réveil.

Barry Lyndon comprend son réveil, et comprend davantage la fin. Sa fin. Il a vécu pour lui-même et doit nécessairement mourir pour (par) un autre. La relève, un plus jeune. Moins bon, moins beau mais donc nécessairement sa progéniture: un monstre.



Blessé, mourant (nécessairement), comme tout le monde.
Peu importe sa mort, elle serait normale.
Barry le savait.

Mais dans le processus, il avait accompli quelque chose.
Il était devenu quelqu'un (d'admirable).

Complètement faux; pourtant si vrai.
Le premier yupster.

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