mercredi 20 mai 2009

Star Trek (2009) ou la renaissance du sionisme chrétien.

Ce n’est pas tous les jours où on est en droit d’assister (sur écran géant) à la renaissance d’une mythologie qu’on croyait pourtant reléguée aux oubliettes par le grand public ne serait-ce qu’à l’exception d’une poignée de fanatiques campés dans l’obscurité de la civilisation contemporaine.

Mais c’est ce que nous offre le Star Trek de J.J. Abrams.

En plein cœur de l’Amérique profonde (Iowa), grandit un post-Superman (né dans l’espace mais élevé sur Terre) prénommé James T. Kirk. Pendant ce temps (ou presque), un hybride mi-humain, mi-vulcain fait face à un post-Synode de Jamnia qui lui impose de renoncer à ses origines humaines pour embrasser complètement sa conception vulcain.

Par un concours de circonstances que seul le Narrateur Dieu peut se vanter d’articuler avec justesse : les deux héros précédemment narrativisés témoignent de la destruction de la Terre Promise par des barbares opprimés par une Fédération (l’Occident) pourtant bien intentionnée.

Attentat terroriste en plein cœur d’Israël (un génocide, comme on nous l’annonce): la population vulcain périt à défaut de quelques nobles représentants capables de faire survivre la race (nouvelle).

Mais le Mal veille toujours et pour vaincre l’Apocalypse en cours, le sionisme chrétien nous invite à croire que le retour du Christ, ou messie, ou James T. Kirk, assurera le dit triomphe (du christianisme).

Or, il manque la conversion des Juifs. Et Kirk l’obtient d’un Spock qui cède sa place de commandant pour le bien de la (sa) race. La conversion complétée nos deux héros commandent l’extinction complète de la race maléfique (probablement Palestinienne car elle entrave géopolitiquement à l’accomplissement de la prophétie).

En chute (ouverture vers le [re]nouveau), une bande de jeunes loups, parfaits, beaux et belles témoignent de la résurrection du Christ qui propagera la Bonne Nouvelle au quatre coins de l’Univers au nom d’une Fédération plus forte, plus pure, plus immuable.

Le sionisme chrétien est un mouvement politique théologique moderne qui adopte les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, nuisant ainsi à l’établissement d’une paix juste entre la Palestine et Israël. [...] Dans sa forme extrême, il met l’accent sur des évènements apocalyptiques conduisant à la fin de l’histoire plutôt qu’au vécu actuel de l’amour du Christ et de la justice.

- Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien
(22 août 2006).

Et dire qu'on croyait les Trekkies innofensifs...

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